ERRATUM - Livepeer et l'intelligence artificielle
Après la publication de ce guide, j'ai appris que Streamplace délègue ses besoins en termes de transcodage (d'encodage vidéo dans tous les formats nécessaire au bon fonctionnement des services de diffusion), notamment parce que c'est une étape gourmande en énergie et en puissance de calcul. Pour ce faire, ils ont signé un partenariat avec une entreprise appelée Livepeer.
Opérationnellement, que font-ils avec Streamplace ?
Rien de bien méchant, ils signent numériquement les contenus diffusés (pour savoir qui streame quel flux) et encodent grâce à un réseau qu'ils administrent de cartes graphiques les flux vidéos qu'on leur envoie, "optimisé par IA" pour cocher la case buzzword et hop.
Sur le papier, c'est de la distribution de contenu vidéo as a service comme ça existe chez Amazon et ailleurs, vraiment rien d'alarmant.
Mais à part ça, Livepeer c'est quoi ?
C'est ça 👇
Merde.
On peut douter que les contenus diffusés sur Streamplace soient utilisés pour entraîner spécifiquement les modèles d'intelligence artificielle générative disponibles via Livepeer (pour ? générer des streams ?).
On ne peut malheureusement pas douter que Streamplace, ayant bénéficié d'une dotation de la part de Livepeer, en temps de rendu, en cryptomonnaie… publicise et vit d'un partenariat avec une entreprise proposant, entre autre, des services d'intelligence artificielle générative dont nous connaissons les conséquences et les dangers, qui se payent en cryptomonnaie.
C'est un fait. Et l'apprendre après avoir passé tout ce temps à écrire ce guide et invité depuis des mois mes connaissances à ne serait-ce qu'essayer Streamplace me brise le cœur et me plonge dans un sincère désarroi.
De fait, il est parfaitement légitime de considérer Streamplace comme une entité à part entière d'un écosystème problématique et de vouloir s'en tenir loin.
Maintenant et sans relativiser les fautes évidentes et les clarifications que je viens d'effectuer ni faire l'apologie de ce sombre partenariat, à mes yeux, d'autres éléments de contextes sont nécessaires pour comprendre l'envergure de ce foutoir.
Des entités de tous les secteurs sont de plus en plus nombreuses à adopter une stratégie similaire de délégation des process logistiquement complexes et/ou gourmands en ressources à des entreprises disposant de data center à même de leur fournir les services dont elles ont besoin. C'est ce que l'on appelle le cloud computing.
C'est grâce au cloud computing qu'à l'heure actuelle, si des composantes essentielles comme Amazon Web Services (AWS), Microsoft Azure ou Google Cloud Platform viennent à flancher, c'est la quasi-intégralité du réseau mondial qu'on appelle le web qui s'éteint. Je vous laisse imaginer les conséquences quand tout dépend aujourd'hui d'infrastructures numériques.
Le cloud-computing, Livepeer le fait a sa manière en mutualisant la ressource, les cartes graphiques des membres de son réseau mises à disposition et en commun par leurs propriétaires (c'est le côté peer dans le nom Livepeer, comme dans peer-to-peer) pour créer une ferme de rendu, comme un data center virtuel de fait. Livepeer administre, dispatche les demandes et propose du temps de rendu vidéo sur son réseau.
S'il fallait schématiser, si Google Drive met à disposition du stockage en ligne (des disques durs virtuels), Livepeer fait pareil avec de la puissance de calcul/rendu graphique (des cartes graphiques virtuelles). Et c'est super parce qu'une carte graphique ça coûte cher, c'est complexe, si on peut "covoiturer" une carte graphique, y a moyen de faire de belles choses.
C'est limite de la mutualisation de l'appareil de production vidéo. Du communisme vidéo finalement.
Mais évidemment : le temps de rendu vidéo se paye. En cryptomonnaie. Et c'est cet argent qui sert notamment à la promotion et au développement des services d'intelligence artificielle générative proposés par Livepeer. Et ils sont loin d'être seuls à en vendre.
AWS vend de l'IA. Azure vend de l'IA. Google vend de l'IA. Tout le monde vend de l'IA (agentique, générative, toutes sortes confondues.)
Piqûre de rappel spécifique concernant Amazon, AWS seul, c'est 16% du chiffre d'affaire au Q4 2025.
Je rappelle que la plateforme de diffusion Twitch appartient au groupe Amazon et qu'il s'y passe autour probablement la même chose que sur Streamplace.
Nous sommes donc dans un cas de figure complexe pour cette simple et regrettable raison :
Aujourd'hui, vivre numériquement sans dépendre à un moment donné de cloud computing, c'est presque impossible.
Personnellement, je vis ça comme une de ces tristes réalisations que l'on vit dans une société capitaliste, qu'on le veuille ou non, où rien n'est totalement acceptable, pas même Streamplace.
Est-ce que ça doit nous empêcher d'utiliser Streamplace et son infrastructure nocive ?
Est-ce que ça doit nous empêcher de quitter Twitch et sa culture toxique ?
Est-ce que ça doit nous empêcher de réfléchir à des alternatives ?
ERRATUM - Cliquez sur le cadre ci-dessus pour lire ce qu'il en est des liens entre Streamplace et Livepeer 👆
Qu'est-ce que Streamplace ?
Streamplace est une plateforme de diffusion en direct (streaming) open-source et gratuite. Elle s'axe autour de ce que l'on appelle le protocole AT (AT Protocol ou atproto), l'infrastructure réseau derrière notamment le réseau social de microblogging Bluesky.
À ce titre, Streamplace et beaucoup d'autres applications basées sur atproto (comme Leaflet, sur laquelle a été rédigé et hébergé ce guide) ont accès aux mêmes données de votre compte.
Rappel : sur atproto, sauf exceptions/surcouches hors protocole comme les messages privés, tout est public.
Vos abonné·es, vos abonnements, votre bio, votre avatar, vos messages dans les chats Streamplace, vos posts/bleuets (oui, même si vous cochez cette option qui sert à "cacher" votre profil) sont publics et peuvent servir en parallèle sur plusieurs services.
Pour ainsi dire, votre compte "Bluesky" est en réalité un compte atproto, qui peut servir sur Streamplace, où vous retrouverez notamment les diffusions des personnes que vous suivez sur Bluesky (et réciproquement).
C'est une approche communautaire et décentralisée qui permet de répartir la responsabilité au sein du réseau atproto et ne pas être dépendant·e d'une seule et même entité aux décisions calamiteuses pour créer des applications, implémenter des fonctionnalités, gérer les données de leurs utilisateur·ices et les usages qui en sont faits.
Ce guide est une tentative de réponse concrète à la question "Je streame sur Twitch, comment je fais pour streamer sur Streamplace ?".
Si c'est votre première configuration de streaming, je vous suggère de vous faire accompagner plus directement ou de vous référer d'abord à d'autres guides puisque ce n'est pas réellement l'objectif de ce guide de transition (et d'y revenir éventuellement par la suite !)
Comment se connecter à Streamplace ?
Viewer·euse comme streamer·euse, il est impératif de disposer au préalable d'un compte atproto afin de pouvoir profiter de Streamplace.
Se rendre sur le site https://stream.place
Dans la barre latérale à gauche de l'écran, cliquer sur Login
Dans le champ de texte, entrer son handle complet (votre pseudo suivi de son adresse, par ex. exemple.bsky.social, exemple.myatproto.social ou lenomdedomainequimesertdehandle.fr) puis cliquer sur Log in
Taper son mot de passe (les mots de passe d'application ne sont pas compatibles et ils ne sont pas aussi sécurisés qu'annoncé, bien que révocables, ils donnent accès à l'entièreté des autorisations sur votre compte) et se connecter (éventuellement à l'aide du code d'authentification reçu par mail)
Dans la fenêtre suivante, regarder ce à quoi Streamplace a accès de vos données publiques et cliquer sur Autoriser l'accès.
Et voilà, votre page Streamplace existe maintenant à l'adresse https://stream.place/exemple.bsky.social (ou tout autre handle complet).
Vous noterez au passage qu'il est également possible de créer un compte atproto, directement depuis cette fenêtre grâce au bouton Sign Up et de sélectionner le serveur PDS/gestionnaire de données de son choix (par ex. pour éviter Bluesky)
Comment configurer son logiciel de diffusion pour Streamplace ?
Pour cet exemple, je parlerais de la configuration du logiciel OBS mais la configuration d'autres logiciels de diffusion comme Streamlabs OBS, vMix ou Meld Studio peut se faire de la même manière.
Connecter OBS à Streamplace
Sur le site de Streamplace, dans la barre latérale à gauche de l'écran, cliquer sur Live Dashboard.
Si vous êtes habitué·es à Twitch et son Gestionnaire de stream, vous retrouvez ici une interface relativement similaire.
Dans le panneau supérieur gauche, cliquer sur le bouton Stream with OBS (il est cependant possible de streamer directement avec sa caméra et son micro sur Streamplace sans passer par un logiciel de streaming, ce guide n'en parlera pas)
Ouvrir OBS puis dans le menu supérieur Profil, dupliquer votre profil actuel, le renommer Streamplace et s'assurer de basculer dessus. L'idée étant de conserver une copie en état de marche de vos réglages avant transition adapté à d'autres plateformes de streaming pour y revenir au besoin
Ouvrir les Paramètres dans OBS, puis l'onglet Stream (flux) et changer de service
À l'heure actuelle, Streamplace ne fait pas partie de la liste des plateformes directement intégrées dans OBS. Il va falloir la configurer manuellement, deux options s'offrent à vous.
Si possible, sélectionner le service WHIP
C'est un protocole de diffusion basé sur WebRTC, plus performant que le standard RTMPS (notamment en termes de latence, de flexibilité d'encodage/décodage et de sécurité)
Il n'est pas disponible dans toutes les versions d'OBS (par ex. uniquement dans la version Flatpak sous Linux)
Il est possible qu'OBS vous demande à la sélection d'opter pour un codec audio plus adapté (AAC ➞ Opus), cliquer sur Oui
De retour dans votre Live Dashboard sur Streamplace, toujours dans le panneau supérieur gauche (où vous avez cliqué sur Stream with OBS), cliquer sur l'onglet WHIP et reporter la valeur Server dans le champ Serveur de vos paramètres OBS (normalement https://stream.place)
Procéder de la même manière en cliquant sur le bouton Generate Stream Key dans votre Live Dashboard sur Streamplace et la reporter dans le champ Jeton du porteur (ou Bearer Token) dans vos paramètres OBS
Attention : ce jeton n'est pas une clé de stream RTMP, les deux ne sont pas interchangeables
ATTENTION : ce jeton est privé !
Éviter tant que possible de l'afficher/le stocker en clair, n'importe qui en possession de ce jeton peut streamer à votre place
Vos paramètres Stream (flux) doivent normalement ressembler à ça.
Si WHIP n'apparaît pas dans la liste, sélectionner le service Personnalisé…
Cette option permet à OBS de diffuser directement à l'aide du protocole RTMPS par défaut
De retour dans votre Live Dashboard sur Streamplace, toujours dans le panneau supérieur gauche (où vous avez cliqué sur Stream with OBS), cliquer sur l'onglet RTMPS et reporter la valeur Server dans le champ Serveur de vos paramètres OBS (normalement rtmps://rtmp.stream.place:1935/live ou similaire)
Procéder de la même manière en cliquant sur le bouton Generate Stream Key dans votre Live Dashboard sur Streamplace et la reporter dans le champ Clé de stream dans vos paramètres OBS
Attention : cette clé de stream n'est pas un Jeton du porteur (ou Bearer Token) pour WHIP, les deux ne sont pas interchangeables
ATTENTION : cette clé est privée !
Éviter tant que possible de l'afficher/le stocker en clair, n'importe qui en possession de cette clé peut streamer à votre place
Vos paramètres Stream (flux) doivent normalement ressembler à ça.
Configurer l'encodage vidéo pour Streamplace
Encore une fois, s'il s'agit là de votre première configuration OBS, je vous suggère de vous faire accompagner plus directement ou de vous référer à d'autres guides plus généralistes comme il en existe beaucoup sur YouTube (ou même simplement de manière abrégée à l'ouverture d'OBS) puisque ce n'est pas réellement l'objectif de ce guide de transition. De plus, les paramètres que je m'apprête à aborder dépendent directement des composants de votre machine de streaming et de votre pipeline media, je ne saurais donc vous proposer forcément la solution la plus adaptée à vos besoins.
Dans les Paramètres d'OBS, puis dans l'onglet Sortie, si ce n'est pas déjà fait, changer le Mode de Sortie de Simple à Avancé
Dans la section Paramètres de streaming, sélectionner un encodeur vidéo soit x264 (encodage sur processeur), soit H.264 (encodage sur carte graphique), soit NVENC H.264 (encodage sur carte graphique sur cœur d'encodage dédié)
Pour le moment à ma connaissance, Streamplace ne supporte pas d'autre codec (comme H.265/HEVC ou AV1)Dans la section Paramètres de streaming, vous n'avez à priori rien d'autre à changer si vous avez déjà streamé sur Twitch. Vous remarquerez cependant l'absence de la fameuse piste VOD (dite piste 6) qui sert à… vous savez 🎶👀
Il n'y a pour le moment pas vraiment de contrôles vis à vis du copyright sur Streamplace, il n'y a aussi pour le moment pas de VOD automatique (c'est en cours d'élaboration, vous pouvez toujours enregistrer et uploader ailleurs en attendant), disons simplement que vous ne risquez pas plus que sur TwitchDans la section Paramètres de l'encodeur :
Dans Contrôle du taux, sélectionner Bitrate constant/CBR
Dans Bitrate, adapter votre débit à la définition/qualité de votre diffusion/capacité de votre connexion. Le cahier des charges de Twitch peut éventuellement constituer une bonne base de travail (6000kbps pour un flux en 1080p, mais le débit n'est pas plafonné autrement que par vos capacités d'upload)
Dans Intervalle d'images (clés), sélectionner 1s, conformément au cahier des charges de Streamplace.
Dans :
Prédéfini/Pré-réglages/Utilisation ciblée
Réglage
Mode : Passage multiples
Pré-visualisation
Quantification adaptative
Latence
Réglage fin
Adapter vos choix à un compromis entre qualité du flux vidéo sortant et charge sur votre machine (par ex. en observant le nombre d'images manquées/ignorées et le temps de rendu moyen dans le dock Statistiques d'OBS.
Dans Profil, sélectionner high (indispensable pour une diffusion en 1080p)
Dans Images-B, sélectionner 0
ouSi vous utilisez un encodeur x264, dans le champ d'Options x264 (séparées par un espace), ajouter l'option bframes=0.
Ce réglage est INDISPENSABLE et Streamplace ne pourra pas diffuser votre stream si vous sélectionnez quoi que ce soit d'autre
Pour lancer un stream, procédure habituelle, cliquer sur le bouton Commencer le streaming.
Annexe bonus : et le multistreaming ?
Petite subtilité pour les streamer·euses qui font du multistreaming sur plusieurs plateformes en simultané (par ex. en passant par Streamlabs, le plugin OBS multi-rtmp ou Aitum), vous pouvez intégrer Streamplace dans votre installation actuelle (parmis vos autres destinations).
Mais sachez qu'il est également possible de rediriger directement depuis Streamplace le flux que vous y envoyez (le seul donc à partir de chez vous a priori, donc malheureusement pas applicable dans des workflows de multi formats vertical/horizontal) vers d'autres plateformes de streaming en RTMP.
Ce guide n'en parlera pas en détail puisque je n'ai pas eu l'occasion de tester la fonctionnalité, mais visiblement ça se fait comme ça :
Sur le site de stream.place, dans la barre latérale à gauche de l'écran, cliquer sur Settings.
Au milieu de la fenêtre dans le menu, cliquer sur Diffusion puis Multistreaming.
Cliquer sur Create Multistream target pour ajouter une destination, lui donner un nom et renseigner l'adresse du serveur RTMP vers lequel envoyer votre flux.
Plus d'informations sur comment récupérer cette adresse en fonction de votre plateforme dans la documentation de Streamplace.
ATTENTION : à l'heure où j'écris ces lignes, c'est encore un sujet brûlant puisque les règles vis-à-vis des contenus copyrightés (notamment musicaux) ne sont pas les mêmes sur toutes les plateformes de diffusion. Dans l'idéal, il faudrait pouvoir séparer les pistes audio pour par exemple envoyer l'audio copyrighté hors de la piste VOD (piste 6) sur Twitch ou ne pas l'envoyer du tout sur YouTube pour éviter les strikes, c'est actuellement en cours de résolution !
ATTENTION 2 : veillez bien à pouvoir malgré tout respecter le cahier des charges de diffusion (intervalle d'images clés et nombre d'images B notamment) de Streamplace ! Apparemment, certains logiciels de diffusion comme Meld Studio ne permettent pas d'encoder vos diffusions avec des réglages différents selon votre plateforme de destination, affaire à suivre.
Dernière étape : comment publier le stream ?
Contrairement à Twitch, qui publie votre stream et envoie (parfois…) une notification dès qu'il reçoit votre flux, Streamplace fonctionne différemment.
Tant que vous n'appuyez pas sur le bouton Start Livestream! dans votre Live Dashboard sur Streamplace, votre diffusion n'est pas publique.
Ce qui permet de "pré-lancer" votre stream et de s'assurer que tout fonctionne dans votre configuration notamment réseau (l'équivalent du mode Test de bande passante sur Twitch mais par défaut), les statistiques de votre diffusion chez Streamplace sont d'ailleurs disponibles dans votre Live Dashboard dans le panneau inférieur gauche Stream Health.
Pour publier votre stream, tout se passe dans le panneau Stream Settings tout à droite de votre Live Dashboard sur Streamplace, dans l'onglet Create, APRÈS avoir lancé la diffusion dans OBS (sinon impossible de mettre à jour).
Dans le champ Title, écrire le titre de votre diffusion
Il n'y a pas de catégorie de streaming sur Streamplace, penser à la faire figurer dans le titre (par ex. le jeu auquel vous jouez).Dans le champ Canonical URL, vous pouvez choisir de remplacer dans le post/bleuet qui annonce le début de votre diffusion celui de votre page Streamplace (par défaut) par un autre lien, sait-on jamais
L'option Create Bluesky post permet de publier automatiquement sur Bluesky/les services de microblogging atproto avec votre compte un post/bleuet pour annoncer le début de votre diffusion. Il n'est pas possible de modifier le texte ou la forme de ce post, aussi vous pouvez préférer le faire manuellement
L'option Send push notification permet d'envoyer ou non une notification à vos abonné·es Bluesky/Streamplace/atproto au démarrage de votre diffusion si l'application Streamplace est installée sur leur téléphone
L'option End livestream automatically dépublie le live automatiquement (de votre page Streamplace, de la page d'accueil de Streamplace et du cercle rouge autour de votre photo de profil) lorsque OBS arrête de diffuser son flux à Streamplace
Une option qui existe pour les streamer·euses qui arrêtent/reprennent régulièrement leurs streams (sachant que si elle est décochée, le stream est dépublié au bout de 5/10 minutes sans flux en provenance d'OBS)Dans le champ Thumbnail, vous pouvez faire glisser (ou parcourir en cliquant dans le champ) une miniature pour votre stream. À titre personnel j'ai beaucoup de mal à la faire apparaître lorsque je partage le lien de ma page sur Bluesky/atproto, mais quand ça marche c'est cool
Vous pouvez aussi utiliser le bouton Use Last Image pour réutiliser la dernière miniature que vous avez publiéeEt enfin le bouton Start Livestream! permet de publier le live, le bouton End Livestream permet de le dépublier
Et voilà, votre stream est publié en page d'accueil de Streamplace et visionnable sur votre page Streamplace à l'adresse https://stream.place/exemple.bsky.social (ou tout autre handle complet).
Annexe bonus : le cercle live autour des photos de profil "Bluesky"
Comme Streamplace est basé sur le même protocole que les services de microblogging comme Bluesky et ses clients, votre statut de diffusion est propagé automatiquement.
Aussi, dès que votre live est publié, un cercle rouge et une étiquette Live l'indiquent autour de votre photo de profil. De la même manière, ils disparaissent dès que votre live est dépublié, sans intervention de votre part.
Pour arriver à la même chose sur Twitch, il faut à chaque fois configurer son profil sur Bluesky/atproto ou passer par des outils tiers !
Ça, c'est les bases !
Avec tout le pavé ci-dessus, vous avez tout le strict nécessaire pour streamer sur Streamplace !
Maintenant je ne saurais que trop vous conseiller de lire les règles de modération de contenu sur Streamplace et de configurer tout le reste des nombreuses options à votre disposition.
Vous pouvez définir des tags pour vos streams (de Content Warning et/ou de Copyright) et autoriser le repartage/les clips de votre streams (fonction encore en développement) dans l'onglet Metadata du panneau Stream Settings tout à droite de votre Live Dashboard
Vous pouvez définir des modérateur·ices pour votre chaîne avec leur handle complet (votre pseudo suivi de son adresse, par ex. exemple.bsky.social, exemple.myatproto.social ou lenomdedomainequimesertdehandle.fr) et leurs droits dans l'onglet Moderation du panneau Stream Settings tout à droite de votre Live Dashboard
Vous pouvez ajouter un dock personnalisé dans OBS avec votre chat Streamplace en vous rendant dans le menu supérieur Docks puis Docks Internet personnalisés…
L'adresse de votre chat seul (popout) est https://stream.place/chat-popout/exemple.bsky.social (ou tout autre handle complet)Vous pouvez ajouter ce même chat en tant que Source navigateur dans OBS avec la même adresse et un peu de code CSS personnalisé (à insérer dans les Propriétés de la source) pour le rendre plus lisible, chez moi j'ai ça :
(c'est sale, ne me jugez pas pitié, c'est juste un exemple qui, par miracle, marche chez moi)
/* Abusez et surabusez de la balise !important dans vos CSS personnalisés sur OBS, sinon dans 99% des cas ça fait RIEN */
/* Import d'une police de caractère personnalisée (malheureusement Google Fonts) */
@font-face {
font-family: "Inter";
src: url('https://fonts.gstatic.com/s/inter/v20/UcC73FwrK3iLTeHuS_fjbvMwCp50BTca1ZL7W0I5nvwU.woff2') format('woff2');
}
/* Indique à tous les textes d'utiliser la police importée ci-dessus et précise la taille des caractères, la graisse, l'interlignage, etc */
* {
font-family: "Inter", sans-serif !important;
font-weight: 700 !important;
font-size : 32px !important;
line-height: 1.35 !important;
}
/* Change la couleur de fond de la page pour du noir pur (transparent si supporté) */
.css-g5y9jx { background-color: rgba(0,0,0,0)!important;}
/* Masque le champ d'écriture de message */
input {
display: none !important;
}
/* Masque les boutons de send, de mention et d'emoji */
button {
display: none !important;
}
/* Masque le badge de modo à côté du pseudo */
div.css-g5y9jx.r-xoduu5:has(> div > img[src*="badges/mod_2x"]) {
display: none !important;
}
Et pour masquer ce qu'il reste de fond de la Source navigateur, j'ai rajouté un filtre Incrustation par chrominance (Chroma Key) avec comme réglages :
Type de couleur-clé : Couleur personnalisée
Couleur-clé : #000000
Similitude : 1
Finesse : 1
Réduction de déversement de couleur-clé : 1
Opacité : 1
Contraste : 0
Luminosité : 0
Gamma : 0
Je sais que supposément dans ce genre de cas, on préfère faire l'incrustation en luminance puisqu'on a un fond noir pur. Mais j'ai mystérieusement obtenu de meilleurs résultats au niveau des contours et de la lisibilité du texte en passant par une incrustation en chrominance, n'hésitez pas à essayer et adopter ce qui vous convient le mieux.
Et après ça :
Un filtre d'ombre portée légère (le shader drop_shadow.shader via le plugin obs-shaderfilter en l'occurence mais il en existe d'autres) dessous pour améliorer la lisibilité sur un arrière-plan souvent complexe et en mouvement
Clic droit sur la Source navigateur, menu Filtre de mise à l'échelle puis option Bilinéaire pour limiter l'aliasing sur les textes (ça dépend de la taille de votre Source navigateur dans votre canevas/dans Transformer, celle dans les Propriétés de la Source navigateur et celle du texte dans votre code CSS personnalisé, encore une fois, je vous invite à essayer et adopter ce qui vous convient le mieux.
Qu'est-ce qui "manque" ?
Les guillemets autour du mot manque ne sont pas uniquement décoratifs.
En soit Streamplace ne manque de rien, c'est une autre plateforme mais surtout une autre approche, une culture du streaming différente.
Il faut faire preuve d'honnêteté : on ne peut pas nier l'impact qu'a (eu ?) Twitch sur ce qu'est le streaming aujourd'hui.
Ses codes, ses pratiques, ses évolutions ont accompagné celles de Twitch et on peut supposer que ce n'est pas étranger aux échecs consécutifs de toutes les plateformes de streaming qui se sont construites en clonant et en concurrence directe à Twitch.
Ce qui n'est pas le cas de Streamplace.
ERRATUM - Livepeer et l'intelligence artificielle.
Après la publication de ce guide, j'ai appris que Streamplace délègue ses besoins en terme de transcodage (d'encodage vidéo dans tous les formats nécessaire au bon fonctionnement des services de diffusion) a une entreprise appelée Livepeer. Notamment parce que c'est une étape gourmande en énergie et en puissance de calcul.
Et soyons directs : Livepeer, c'est de l'intelligence artificielle.
Merde.
Opérationnellement, que font-ils avec Streamplace ?
Rien de bien méchant apparemment, ils signent numériquement les contenus diffusés (pour savoir qui streame quel flux) et encodent grâce à leur ferme de cartes graphiques (vous savez, celles qui coûtent un bras et qui sont régulièrement en rupture de stock parce que des entreprises se les accaparent…) les flux vidéos qu'on leur envoie, optimisé par IA.
Sur le papier ça n'a rien à voir avec l'intelligence artificielle générative, c'est plutôt celle dont on parle au grand public toujours en des termes vagues et mystérieux pour dire qu'elle gère mieux le trafic routier des villes ou sauve des vies dans les hôpitaux sans vraiment nous expliquer clairement comment.
Alors parlons clairement, à part aider Streamplace, que fait Livepeer ?
Ça. 👇
Merde.
On peut douter que les contenus diffusés sur Streamplace soient utilisés pour entraîner spécifiquement les modèles d'intelligence artificielle générative (pour ? générer des streams ?).
On ne peut malheureusement pas douter que Streamplace (bien qu'ayant bénéficié d'une dotation de la part de Livepeer, en crypto…) finance et vit d'un partenariat avec une entreprise proposant des services d'intelligence artificielle générative dont nous connaissons les conséquences et les dangers. C'est un fait. Et l'apprendre après avoir passé tout ce temps à écrire ce guide et invité depuis des mois mes connaissances à ne serait-ce qu'essayer Streamplace me brise le cœur et me plonge dans un sincère désarroi.
De fait, il est parfaitement légitime de considérer Streamplace comme une entité à part entière d'un écosystème problématique et de vouloir s'en tenir loin.
Maintenant et très loin de moi l'idée de relativiser les fautes évidentes et les clarifications que je viens d'effectuer ni faire l'apologie de cette sombre affaire, à mes yeux, d'autres éléments de contextes sont nécessaires pour comprendre la délicatesse de ce déplorable partenariat.
Des entités de tous les secteurs sont de plus en plus nombreuses à adopter la même stratégie de délégation des process logistiquement complexes et/ou gourmands en ressources. C'est ce que l'on appelle le cloud computing.
Je me permets de vous rappeler qu'à l'heure actuelle, si des composantes essentielles comme Amazon Web Services (AWS), Microsoft Azure ou Google Cloud Platform viennent à flancher, c'est la quasi-intégralité du réseau mondial qu'on appelle le web qui s'éteint. Je vous laisse imaginer les conséquences quand tout dépend aujourd'hui d'outils numériques.
Et évidemment : AWS vend de l'IA. Azure vend de l'IA. Google vend de l'IA. Et ils sont loin d'être seuls à en vendre.
Piqûre de rappel spécifique concernant Amazon, AWS seul c'est 16% du chiffre d'affaire au Q4 2025.
Je rappelle que la plateforme de diffusion Twitch appartient au groupe Amazon et qu'il s'y passe autour probablement la même chose que sur Streamplace.
Nous sommes donc dans un cas de figure relativement similaire à celui de Streamplace pour cette simple et regrettable raison :
Aujourd'hui, vivre numériquement sans dépendre à un moment donné de cloud computing, c'est presque impossible.
Personnellement, je vis ça comme une de ces tristes réalisations que l'on vit dans une société capitaliste, qu'on le veuille ou non.
Est-ce que ça doit nous empêcher d'utiliser Streamplace et son infrastructure nocive ?
Est-ce que ça doit nous empêcher de quitter Twitch et sa culture toxique ?
Est-ce que ça doit nous empêcher de réfléchir à des alternatives ?
ERRATUM - Cliquez sur le cadre ci-dessus pour lire ce qu'il en est des liens entre Streamplace et Livepeer 👆
S'il vous faut malgré tout du concret, voici une liste de ce qu'il n'y a pas (au 22/04/2026) par rapport aux habitudes originaires de Twitch :
Des commandes
Des bots
De l'AutoMod
Des alertes
Des publicités
Des statistiques d'audience
Des subs, des bits, des drops, des cheers, des points de chaîne
Des VOD (mais vraiment ça arrive vite y a eu une Dev Jam la semaine dernière)
Des clips
Des raids
Des emotes personnalisées
Du co-streaming natif (comme l'option Streamer ensemble)
Ça peut paraître beaucoup, mais entre ce qui a déjà été discuté sur le Discord de Streamplace, ce qui n'arrivera pas mais finalement tant mieux, ce qui arrivera mais autrement et ce qui est en cours d'élaboration, d'une manière ou d'une autre, rien ne manquera.
C'est une nouvelle page qui, mine de rien, en moins de deux ans s'est considérablement bien remplie et qui ne demande qu'à agrandir sa communauté, des devs pour contribuer au développement et des streameur·euses pour donner vie à tout ça. Et faire autrement.
D'une certaine manière, exactement comme Bluesky/atproto à ses débuts, et ce n'est absolument pas un hasard si Streamplace s'axe autour de ce protocole, les deux partagent la même culture participative et inclusive.
Au mieux, c'est différent.
Je me dois d'être transparent et de mentionner d'où je parle, si mon humble point de vue pour ce qu'il vaut (bien peu) parle pour moi.
Je suis rien ni personne, encore moins "expert", je fais ça comme ça pour la bidouille et ce guide vaut autant que les recherches que vous pourriez faire. Je l'ai fait parce que si ça peut servir de coup de pouce à quelqu'un·e, ce sera une belle victoire ✊
(rien que lire ça en entier, vraiment c'est une victoire, vous pouvez être fier·ère de vous !)
Les questionnements éditoriaux qui accompagneront peut-être votre transition vous regardent et n'engagent que vous, vous êtes libres de rester sur Twitch pour toutes sortes de raisons, y compris celles qui m'échappent.
Pour ma part, je suis heureux de streamer, en respectant ce que me permet ma santé, dans un environnement serein, avec les personnes que j'apprécie, que je côtoie sur ce réseau agréable Bluesky/atproto et qui font le choix délibéré de venir jeter un œil à ce que je bricole.
Loin des raids de haine visant spécifiquement les petits streams tranquilles.
Loin de la fabrique du rêve méritocrate où tout le monde peut* devenir streamer·euse professionnel·le.
Loin des codes d'asservissements capitalistes qu'on adopte instinctivement pour "faire pro", comme les plannings ou les objectifs.
Loin de tout ce qui fait que le streaming est devenu une industrie avec des noms encombrants et des faits qu'on passe sous silence.
Loin des outils qui deviennent des dépendances complexes et profondément inégalitaires, en fonction de ce que vous pouvez donner en regardant ou de ce que le groupe Amazon estime que vous pouvez lui rapporter.
Et surtout, loin d'un système qui fait des victimes, tous les jours, dans tous les chats et dans tous les DM qu'on ne voit pas.
À chaque victime, à chaque abus, l'avènement d'une nouvelle culture de streaming alternative, inclusive, antifasciste et en lutte perpétuelle contre les rapports de domination se fait de plus en plus urgent.
En espérant que ce modeste guide puisse contribuer à son échelle à ce changement de paradigme !
ERRATUM - Livepeer et l'intelligence artificielle.
Après la publication de ce guide, j'ai appris que Streamplace délègue ses besoins en terme de transcodage (d'encodage vidéo dans tous les formats nécessaire au bon fonctionnement des services de diffusion) a une entreprise appelée Livepeer. Notamment parce que c'est une étape gourmande en énergie et en puissance de calcul.
Et soyons directs : Livepeer, c'est de l'intelligence artificielle.
Merde.
Opérationnellement, que font-ils avec Streamplace ?
Rien de bien méchant apparemment, ils signent numériquement les contenus diffusés (pour savoir qui streame quel flux) et encodent grâce à leur ferme de cartes graphiques (vous savez, celles qui coûtent un bras et qui sont régulièrement en rupture de stock parce que des entreprises se les accaparent…) les flux vidéos qu'on leur envoie, optimisé par IA.
Sur le papier ça n'a rien à voir avec l'intelligence artificielle générative, c'est plutôt celle dont on parle au grand public toujours en des termes vagues et mystérieux pour dire qu'elle gère mieux le trafic routier des villes ou sauve des vies dans les hôpitaux sans vraiment nous expliquer clairement comment.
Alors parlons clairement, à part aider Streamplace, que fait Livepeer ?
Ça. 👇
Merde.
On peut douter que les contenus diffusés sur Streamplace soient utilisés pour entraîner spécifiquement les modèles d'intelligence artificielle générative (pour ? générer des streams ?).
On ne peut malheureusement pas douter que Streamplace (bien qu'ayant bénéficié d'une dotation de la part de Livepeer, en crypto…) finance et vit d'un partenariat avec une entreprise proposant des services d'intelligence artificielle générative dont nous connaissons les conséquences et les dangers. C'est un fait. Et l'apprendre après avoir passé tout ce temps à écrire ce guide et invité depuis des mois mes connaissances à ne serait-ce qu'essayer Streamplace me brise le cœur et me plonge dans un sincère désarroi.
De fait, il est parfaitement légitime de considérer Streamplace comme une entité à part entière d'un écosystème problématique et de vouloir s'en tenir loin.
Maintenant et très loin de moi l'idée de relativiser les fautes évidentes et les clarifications que je viens d'effectuer ni faire l'apologie de cette sombre affaire, à mes yeux, d'autres éléments de contextes sont nécessaires pour comprendre la délicatesse de ce déplorable partenariat.
Des entités de tous les secteurs sont de plus en plus nombreuses à adopter la même stratégie de délégation des process logistiquement complexes et/ou gourmands en ressources. C'est ce que l'on appelle le cloud computing.
Je me permets de vous rappeler qu'à l'heure actuelle, si des composantes essentielles comme Amazon Web Services (AWS), Microsoft Azure ou Google Cloud Platform viennent à flancher, c'est la quasi-intégralité du réseau mondial qu'on appelle le web qui s'éteint. Je vous laisse imaginer les conséquences quand tout dépend aujourd'hui d'outils numériques.
Et évidemment : AWS vend de l'IA. Azure vend de l'IA. Google vend de l'IA. Et ils sont loin d'être seuls à en vendre.
Piqûre de rappel spécifique concernant Amazon, AWS seul c'est 16% du chiffre d'affaire au Q4 2025.
Je rappelle que la plateforme de diffusion Twitch appartient au groupe Amazon et qu'il s'y passe autour probablement la même chose que sur Streamplace.
Nous sommes donc dans un cas de figure relativement similaire à celui de Streamplace pour cette simple et regrettable raison :
Aujourd'hui, vivre numériquement sans dépendre à un moment donné de cloud computing, c'est presque impossible.
Personnellement, je vis ça comme une de ces tristes réalisations que l'on vit dans une société capitaliste, qu'on le veuille ou non.
Est-ce que ça doit nous empêcher d'utiliser Streamplace et son infrastructure nocive ?
Est-ce que ça doit nous empêcher de quitter Twitch et sa culture toxique ?
Est-ce que ça doit nous empêcher de réfléchir à des alternatives ?
ERRATUM - Cliquez sur le cadre ci-dessus pour lire ce qu'il en est des liens entre Streamplace et Livepeer 👆